Des nouvelles de Dom le pèlerin 3

Episode 3

Avec mon arrivée à Châtel-Montagne par des chemins très pentus, les muscles se renforcent et le cœur accélère son rythme. Je goûte à mon nouvel environnement de montagne.

Reposé de ma nuit sous tente au terrain de camping « Rétro-Passion », camping où je découvre les collections de vieilles voitures, anciens bidons d’huile, clés de portes de tout gabarit, publicité des années 60 … bref tout ce qui passionne les propriétaires du lieu, je reprends la route le 17 mai en direction de La Chapelle.

Pendant un moment je longe la rivière La Besbre où le débit d’eau est important suite aux pluies de ces derniers jours. Tout autour de moi j’assiste à l’explosion de la nature et les différentes nuances de vert me réjouissent : c’est une véritable renaissance. Que la nature est belle et je garde espoir pour qu’elle le demeure indéfiniment. Je double les villages de Nizerolles et La Chapelle sans pouvoir entrer dans les églises.

Il est 15 heures à La Chapelle, je décide de pousser jusqu’à Arronnes. Je ne sais pourquoi mais mon cœur m’y invite. Pas de regret car je suis accueilli par une conseillère municipale qui me propose un espace pour planter la tente. Mais le plus surprenant, c’est d’entendre Denis de Mayet de Montagne me demander de rencontrer les jeunes du KT avant-midi le lendemain samedi. Le fait d’avancer jusqu’à Arronnes permet cette rencontre.

Après une nuit pluvieuse mais reposante pour le pèlerin, petite étape pour arriver vers 11 heures à  Mayet de Montagne. Quelle joie pour moi de rencontrer ces jeunes et leurs animateurs, cela me ramène quelques années en arrière, lorsque mon épouse et moi-même assurions la préparation à la confirmation.

Je vis une belle rencontre d’un homme que je ne connaissais pas ; un frère et un père pour moi tant il a pris soin du pèlerin. Grand Merci Denis et à ton épouse ainsi qu’à Marie-Odile de mon village qui a  eu la bonne idée de cette rencontre. Tu as assuré sur tous les plans et je suis reparti vraiment heureux de pouvoir vivre mon chemin et le partager.

Dimanche 19 mai, je repars bien vite après la messe en m’allégeant de 3 kilos de matériel (tente, matelas…) que je laisse à Sylvie, mon épouse venue assister à  la  messe. Je sais que je trouverai des gîtes sur mon parcours montagneux. À Saint Clément je visite l’église mais aussi la petite chapelle de La Salette située sur les hauteurs. Temps gris et pluvieux mais que cet endroit est beau.

Je pose mon sac à dos au gîte de Mounier-Haut et avec la propriétaire nous discutons un bon moment. Oser parler de sa foi, le pèlerin est souvent surpris des confidences qui lui sont faites. Est-ce son statut de pèlerin qui permet cette confiance ? J’en suis convaincu.

Je traverse Ferrières sur Sichon après avoir visité son église. Je profite de ce passage pour dire « Merci » à toutes les personnes qui assurent ce service d’ouverture et qui permettent donc la prière, la visite de l’édifice et quelques minutes de repos avant de repartir. Ce lundi 20 mai, pluvieux et froid me fait passer par La Guillermie et son église Saint-Joseph puis j’attaque, c’est le cas de le dire, la montée jusqu’à 1004m d’altitude. Je commence à regretter le bocage Bourbonnais mais le Seigneur me guide et parfois me pousse et me porte. Réciter le chapelet dans ces moments me fait du bien. Que représente ma souffrance en comparaison à celle qu’a dû subir notre Christ sur le chemin qui l’amena au Golgotha ? J’arrive au gîte de Montoncel quelque peu fatigué.

21 mai je repars dès 7 heures après avoir passé une mauvaise nuit dû au manque de respect de la part de quelques individus ayant passé la nuit au gîte. Premiers pas sous une forte pluie mais je sais que la météo sera enfin favorable au marcheur. J’envisage de me rendre jusqu’à Saint Nicolas des Biefs, ce qui représente 27kms pour être de retour à la maison demain.

Je traverse Laprugne, visite son église puis La Chabanne où je suis accueilli par trois personnes. Également beau temps de partage et bon repas chez Monique qui permettent au pèlerin de repartir ragaillardi. J’arrive au but fixé après m’être rallongé de plusieurs kilomètres, perdu dans l’immense forêt du Sapey. Que d’émotions et dans ces moments-là, la confiance placée dans le Seigneur est primordiale ; Il a su mettre à ma rencontre des personnes qui ont pu me réorienter. Oui sur l’ensemble de mon chemin j’ai eu la conviction de recevoir plusieurs clins d’œil et signes du Seigneur.

Mercredi 22 mai, il me reste 23kms à parcourir pour boucler ce parcours particulier et je suis convaincu d’avoir, cette année, fait le bon choix de découverte de ma paroisse et de ses gens. Ma sœur Mariline est venue à ma rencontre et mon passage à l’église des Biefs a été salué par Patrick préposé à l’ouverture de la porte. A nouveau beau moment de discussion.

Je termine mon parcours en passant par mon église Sainte-Germaine pour un temps de grâce adressé à notre Seigneur et partager un temps de prières avec Sylvie, Marie-Odile, Josette et Andrée. Fatigué de ces derniers jours de marche  en montagne et des quelques 370 kms effectués, je prends un peu de repos auprès de mon épouse avant de se retrouver dimanche prochain à Lapalisse pour notre fête de la paroisse, cette paroisse que maintenant j’ai la grâce de connaître par son environnement et les gens de qualité qui l’habitent et qui ont su recevoir leur frère avec leur cœur. Ça je ne l’oublierai jamais.

Episode 2

Courte étape ce 16 mai afin de vous adresser de mes nouvelles.

Le 09 mai, Guy me reçoit chez lui et son accueil est égal à ce que j’ai pu vivre jusqu’à ce jour. Nous échangeons sur la vie de la paroisse, de la vie des agriculteurs au sein du bocage Bourbonnais que je découvre avec joie . La soirée passe trop vite et la nuit sera reposante.

Vendredi 10 mai est bien employé car l’étape de 29 kms ne me laisse aucun temps libre hormis admirer le paysage traversé, réciter les chapelets et méditer. Je passe Saint Didier en Donjon, Monétay sur Loire, village le plus au Nord de mon parcours et Liernolles. Il est 17 heures et je décide de pousser jusqu’à Saint Léon, certes hors paroisse mais je bénéficie d’un gîte. J’ai bien fait car je fais la connaissance d’Adriana, pèlerine hollandaise qui marche jusqu’à Compostelle. Je lui propose de s’arrêter à  la maison, à Arfeuilles où Sylvie, mon épouse l’accueillera lundi soir.

Le 11, à nouveau la pluie ou plutôt des giboulées me font le plaisir de ne pas arriver poussiéreux à Le Donjon. Après avoir installé ma tente entre deux averses, j’assiste à  la messe où je retrouve avec bonheur plusieurs de mes hôtes. Retour camping et là surprise, la gérante me propose un lit au-dessus des sanitaires. Joie immense pour le pèlerin quand on sait le temps qu’il a fait durant la nuit. Merci Seigneur de prendre tant de soins de ton pèlerin. Cette dame est très touchée par ma démarche.

Dimanche 12 mai, lors de mon passage à Bert, je suis invité chez Marie-Thérèse et Yves à déjeuner. Temps propice pour faire connaissance puis repartir d’un cœur léger, le ventre plein. Moment de grâce très apprécié. Merci Yves pour notre échange qui a assuré par la suite des temps personnels de méditation. Nouvel accueil à mon arrivée à Barrais Bussolles par M. Le Maire et son épouse qui me font la joie de découvrir l’église puis de me proposer le couchage dans la salle polyvalente de la commune. J’ai apprécié ce geste d’autant que le vent du Nord persiste et m’accompagne depuis plusieurs jours.

Petite étape le 13 mai car je suis reçu à nouveau par M. Le Maire de Servilly  qui me parle de la venue de notre évêque le dimanche précédent pour bénir le nouveau clocher. Beau temps de partage avant de me rendre chez Béatrice et Éric. Magnifique soirée passée ensemble et nous prenons le temps de faire connaissance. Ce chemin, parmi les 6000 kms de pèlerinage effectués à ce jour, restera celui, sans aucun doute de la rencontre de l’autre animé de la présence du Christ. Je réalise mon projet et cela va au-delà de ce que j’espérai.

Mardi 14 je double Périgny et me pose deux heures à Lapalisse. Je retrouve mon église, un peu chamboulée par le commencement des travaux.  A 15 heures, je reprends le chemin vers Saint Prix sans avoir rencontré un seul paroissien. Je dresse ma toile de tente en pleine campagne, à proximité d’une ferme.

15 mai je suis accueilli à Billezois par un petit comité et deux heures passent bien vite en bonne compagnie. Je termine l’étape à Saint Christophe et visite son église avec plaisir accompagné de Patricia. Sur son invitation tentante, je passe la soirée à son domicile avec Chantal, sa maman. Belle soirée à nouveau et repos apprécié à l’intérieur.

Aujourd’hui 16, passage par Isserpent puis fin d’étape à Châtel-Montagne et je me pose au terrain de camping.

Il n’est pas rare de rencontrer sur le chemin des personnes qui s’arrêtent pour prendre des nouvelles de ce chemineau en balade et, quelle est leur surprise après leur avoir parlé de ma démarche et de ma foi. La plupart m’avoue être loin de la spiritualité et de l’Église mais tous respectent le pèlerin qui traverse leur territoire.

La partie Nord de notre paroisse est terminée et depuis Lapalisse mes pieds ont senti le changement de dénivelé. Mes genoux parfois souffrent mais mon lien avec notre Seigneur ne fait que de se renforcer. Je ne marche pas seul avec Lui et je me surprends parfois à Lui parler. Que de grâces reçues et le pèlerin que je suis est comblé. Maintenant la montagne m’attend et aussi la pluie mais mon cœur est plein de reconnaissance envers Celui qui m’a mis sur le chemin et envers vous tous, qui m’avez accueilli ; voilà ma force et ma détermination pour aller jusqu’au bout du périple. Que Dieu vous bénisse.

Dom le Pèlerin.

Episode 1

Parti le 06 mai d’Arfeuilles, après avoir partagé un temps de prières en compagnie de Sylvie, Mariline, Marie-Odile, Josette et Andrée, j’ai pris le chemin d’un pas décidé pour aller à la rencontre des paroissiens dans chacun des clochers de notre paroisse. Cela représente quelques 350 km à parcourir à pied. Ce premier jour de mise en forme me fait passer par Le Breuil, Chatelus et, impulsé sans doute par saint Martin, je marche jusqu’à Saint Martin d’Estréaux où je découvre avec joie un gîte communal. Sommeil réparateur au chaud : quel bonheur vu la température de la nuit.

Sous le soleil, je repars le 07 en direction de Saint Pierre Laval, dépasse Droiturier et termine l’étape à Andelaroche où le pèlerin est accueilli avec chaleur. Les mots fraternité, amitié prennent tous leurs sens dans les gestes et paroles de mes accueillants. Vêpres, temps de partage sur les motivations du pèlerin et repas partagé font que la soirée passe très vite. Merci chers amis (es) et frères et sœurs dans le Christ d’avoir reçu dignement votre frère pèlerin.

Le 08 mai restera marqué dans ma mémoire et dans mon corps car s’il est vrai que « Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin », la pluie et le vent durant toute l’après-midi ont quelque peu fatigué le voyageur. L’étape de 25 km, englobant Montaigüé en Forez, Loddes, Lenax pour se terminer à Neuilly en Donjon a eu raison de la détermination du pèlerin. Mais s’était sans compter sur l’accueil familial et plein d’attention de la part de Marinette et Nano. Ils ont avec des amis su me remettre sur pieds dès mon arrivée. Comme la veille  et l’avant-veille j’ai apprécié le confort d’un lit.

Jeudi 09 je viens de me poser dans la sacristie de l’église de Luneau en attendant que mon hôte arrive et j’en profite pour vous écrire ce texte. De Neuilly en Donjon, je suis arrivé à Le Bouchaut où m’attendait un comité d’accueil plein l’enthousiasme puis j’ai découvert Avrilly, après avoir émergé d’un rideau de pluie.

Je prends, au rythme de mes pas, connaissance du territoire Nord de notre paroisse et je vis tous ces moments de rencontres avec reconnaissance pour toutes ces personnes qui m’accueillent avec tant de bonté. Le Seigneur est présent dans ces moments de grâce et le pèlerin solitaire apprécie ces heures de fraternité. Oui le périple que je vis actuellement restera à jamais marqué dans mon cœur.

A bientôt. Dom  le Pèlerin qui remercie sincèrement les personnes qui l’accueillent et toutes les personnes qui prient pour lui.